Nombres magiques pour la retraite : pourquoi ils ne concordent pas toujours

Les chiffres font fonctionner les satellites, nous aident à prédire l'avenir et servent de règle d'or pour planifier notre retraite. Et si les nombres en général se sont révélés utiles, on ne peut en dire autant des « nombres magiques » sur lequels nous appuyons souvent nos décisions de retraite.

Les humains ont vécu 200 000 ans sans chiffres ni nombres jusqu'à ce que les Sumériens en gravent sur les tablettes d'argile qu'ils faisaient sécher au soleil.

Aujourd'hui, les chiffres font fonctionner les satellites, nous aident à prédire l'avenir et servent de règle d'or pour planifier notre retraite. Et si les nombres en général se sont révélés utiles, on ne peut en dire autant des « nombres magiques » sur lequels nous appuyons souvent nos décisions de retraite.

La règle des 4%

En 1994, le plannificateur financier américain William P. Bengen a conçu une stratégie supposément « sûre » pour le retrait des économies de retraite, qui allait guider une génération de retraités : la règle des 4 %. En vertu de cette règle, vous pouvez retirer 4 % de votre actif total de retraite à votre première année de retraite. Puis les années suivantes, vous augmentez ce montant de la valeur de l'inflation de l'année précédente.

Ainsi, si votre coussin s'élève à un million de dollars et que l'inflation est de 2 %, vous retirerez 40 000 $ la première année et 40 800 $ (40 000$ plus 2 %) l'année suivante. Si vous maintenez ce cap, selon M. Bengen, vous pouvez vous attendre à ce que votre portfeuille dure 30 ans. Depuis ce temps, M. Bengen a pris sa retaite, et il serait peut-être bon que la règle des 4 % en fasse autant. Le 4 % est fondé sur les rendements historiques du marché américain, et non sur celui des marchés actuels.

De plus, la règle ne fonctionne pas si les marchés réagissent de façon inattendue. Si les rendements sont inférieurs à la moyenne, surtout au cours des premières années, vos épargnes pourraient ne pas durer 30 ans. Et si vous obtenez un rendement supérieur aux attentes, vous pourriez vous retrouver avec des actifs considérables en fin de vie, dont vous auriez pu profiter plus tôt.

100 moins votre Âge

La répartition d'actifs et la discipline nécéssaire pour l'adapter à vos objectifs relèvent d'un processus long et compliqué. On a donc voulu créer la règle « 100 moins l'âge ». Selon cette règle, vous devez soustraire votre âge du chiffre 100. Ce qui reste est le pourcentage de vos actifs à répartir en actions. Par exemple, si vous avez 55 ans, 45 % de votre portefeuille devrait être composé d'actions et le reste, 55 %, peut être investi à taux fixe.

Malheureusement, bien que pratique, cette règle ne tient pas compte de l'augmentation de l'espérance de vie ou de la baisse des taux d'intérêt. De plus, tout le monde ne prend pas sa retraite au même âge ou n'a pas la même tolérance au risque ou les mêmes objectifs de placement. Une règle dictée par l'âge ne tient pas compte de nombreux facteurs essentiels. Imaginez que vous êtes tolérant au risque, que vous avez 40 ans et que vous avez un horizon de placement de 30 ans : la règle suggère une répartition en actions de 60 %, ce qui est peut-être trop conservateur.

Avoirs une valeur nette de X millions de dollars

Nous sommes nombreaux à mesurer notre capacité de financer notre retraite au moyen d'un montant forfataire : un million de dollars, cinq millions de dollars et ainsi de suite. Cela suggère qu'un portefeuille forfaitaire devrait couvrir toutes vos dépenses futures pour le reste de votre vie. Cependant, les dépenses sont rarement fixes et chacun a des objectifs différents, ce qui exige des sommes différentes. Plutôt que de fixer un nombre arbritaire, songez à créer un plan financier personnalisé qui tienne compte de votre situation personnelle et de vos besoins particuliers.

Peu de décisions de retraite peuvent être prises à l'aide de « nombres magiques » universels; chaque situation est unique. N'oubliez pas de toujours parler de votre situation avec un professionnel qualifié.

Mathieu LeBlanc, comptable professionnel agréé, est gestionnaire de portefeuille associé chez RBC Dominion valeurs mobilières. Cette nouvelle chronique de Mathieu, Trucs et astuces financiers, paraîtra dans chaque édition de la revue Vision de la Chambre publiée par la Chambre de commerce du Grand Moncton.

À propos de l’auteur

Mathieu LeBlanc, CPA, CA, CIM

Gestionnaire de portefeuille associé, The Cormier Group of RBC Dominion Securities
Mathieu LeBlanc, comptable professionnel agréé, est gestionnaire de portefeuille associé chez The Cormier Group of RBC Dominion Securities.