Moins d’impôts, s’il vous plaît!

Votre décision d’investir dans une action, une catégorie d’actif ou une région donnée doit être fondée sur vos objectifs, la durée de votre placement, votre tolérance au risque et une foule d’autres facteurs.

De façon générale, la minimisation d’impôt fait partie d’une stratégie de placement judicieuse, mais elle ne devrait pas éclipser les autres raisons d’investir.

Votre décision d’investir dans une action, une catégorie d’actif ou une région donnée doit être fondée sur vos objectifs, la durée de votre placement, votre tolérance au risque et une foule d’autres facteurs.

Avant de commencer, je vais expliquer un concept qui permettra de mieux saisir le reste de cet article, soit la différence entre les taux d’imposition « moyens » et « marginaux ». Votre taux d’imposition moyen (ou taux d’imposition effectif) est le pourcentage obtenu en divisant l’impôt total payé par le revenu imposable. Votre taux marginal d’imposition est généralement le pourcentage de l’impôt payé sur le prochain dollar de revenu imposable. Il y a une différence entre les deux taux parce que le Canada a un système de taux d’imposition progressifs.

Lorsqu’ils sont détenus à l’extérieur d’un compte de placement enregistré, les divers types de revenu de placement sont assujettis à un traitement fiscal différent, de sorte qu’il ne faut pas vous laisser leurrer par le rendement avant impôt d’un placement. Regardez plus loin, au potentiel de rendement après impôt, en tenant compte de votre niveau de revenu, de votre taux marginal d’imposition et de tout autre facteur qui pourrait s’appliquer à votre situation et influer sur le rendement éventuel.

Dans la plupart des cas, vous conserverez un plus important revenu après impôt provenant des gains en capital et des dividendes de sociétés canadiennes que celui provenant du revenu en intérêts et des dividendes de sociétés étrangères.

Revenu en intérêts : Tout revenu en intérêts est entièrement imposable à votre taux marginal d’imposition, comme un salaire.

Revenu de dividendes de source canadienne : Les dividendes reçus de sociétés canadiennes sont en fait imposés à un taux plus bas que celui visant les revenus en intérêts en raison du crédit d’impôt pour dividendes qui s’applique aux impôts fédéral et provincial à payer. Ce crédit d’impôt vise à reconnaître que la société canadienne qui verse le dividende a déjà payé de l’impôt sur ses bénéfices, qui sont maintenant distribués à ses investisseurs.

Revenu étranger : Tout revenu étranger est entièrement imposable à votre taux marginal applicable. Les dividendes de sociétés étrangères ne bénéficient pas du même crédit d’impôt pour dividendes. Comme les intérêts, ils sont imposés à un taux plus élevé que ceux des sociétés canadiennes.

Gains en capital : Lorsque vous vendez un placement, vous pouvez réaliser des gains en capital, mais aussi essuyer des pertes. La moitié d’un gain en capital est imposable à votre taux marginal d’imposition et la moitié d’une perte en capital peut servir à réduire les gains en capital imposables. Il s’agit de la source de revenu de placement la moins imposée aux tranches d’imposition supérieures.

Remboursement de capital : Vous pourriez recevoir un paiement non imposable appelé « remboursement de capital » d’un placement. Une distribution sous forme de remboursement de capital réduit le prix de base rajusté (PBR) de votre placement aux fins d’impôt sur le revenu. Le PBR ainsi réduit entraîne un gain en capital plus élevé (ou une moindre perte en capital) quand vous cédez votre placement. Cette distribution est comme un revenu à impôt différé.

Voici quelques trucs pour minimiser les impôts :

  • Envisagez des stratégies de fractionnement du revenu qui peuvent transférer l’obligation fiscale de déclarer le revenu de placement des membres de la famille à revenu plus élevé aux
    membres à plus faible revenu, réduisant ainsi l’impôt global de la famille;
  • Tenez une plus grande proportion d’actions canadiennes versant des dividendes en dehors des comptes enregistrés. De même, les placements productifs d’intérêt et les placements à l’étranger devraient, dans la mesure du possible, être maximisés à l’intérieur de vos comptes enregistrés;
  • Avant la fin de l’année civile, songez à vendre certains placements pour constater les pertes en capital causées par les fluctuations temporaires du marché – afin de réduire les gains en capital imposables réalisés sur d’autres placements durant l’année.

Gardez ces règles simples à l’esprit et parlez de votre situation unique à un conseiller qualifié pour vous assurer d’optimiser votre compte d’impôt à la fin de l’année.

Rappelez-vous que le dollar qui compte, c’est celui qui reste dans vos poches!

Mathieu LeBlanc, comptable professionnel agréé, est gestionnaire de portefeuille associé chez RBC Dominion valeurs mobilières. Cette nouvelle chronique de Mathieu, Trucs et astuces financiers, paraîtra dans chaque édition de la revue Vision de la Chambre publiée par la Chambre de commerce du Grand Moncton.

À propos de l’auteur

Mathieu LeBlanc, CPA, CA, CIM

Gestionnaire de portefeuille associé, The Cormier Group of RBC Dominion Securities
Mathieu LeBlanc, comptable professionnel agréé, est gestionnaire de portefeuille associé chez The Cormier Group of RBC Dominion Securities.